91ºÚÁÏÍø

Nouvelles

Une étude montre que les services de traitement de la dépendance au jeu sont sous-utilisés au Québec

Les scientifiques soulignent la nécessité d’un dépistage plus précoce et d’actions de sensibilisation accrues auprès du public
±Ê³Ü²ú±ô¾±Ã©: 6 July 2026

Une nouvelle étude révèle que les services publics spécialisés en traitement de la dépendance au jeu sont sous-utilisés au Québec et qu’il faut donc améliorer l’accès pour les personnes aux prises avec ce trouble.

Pendant 13 ans, des scientifiques de l’Université 91ºÚÁÏÍø et du Centre de recherche Douglas ont suivi plus de 2 300 personnes aux prises avec des problèmes de jeu. Malgré la gratuité des services, ces personnes ont, en moyenne, participé à moins de deux séances de traitement au cours de cette période.

« On ne peut pas régler un problème de dépendance au jeu en une seule séance. Une prise en charge à long terme est souvent nécessaire. Pour certains patients, il faut l’aborder comme une maladie chronique, comparable à un trouble lié à la consommation de substances », explique Marie-Josée Fleury, autrice en chef de l’étude et professeure au Département de psychiatrie de l’Université 91ºÚÁÏÍø.

La professeure ajoute que la dépendance aux jeux d’argent est associée à un risque élevé de suicide ainsi qu’à de nombreux problèmes sociaux et de santé.

Les chercheuses et chercheurs ont analysé des dossiers médicaux provenant de centres de traitement des dépendances et les ont corrélés avec d’autres données provinciales sur la santé afin d’évaluer l’utilisation des services et les facteurs associés aux traitements répétés.

Parmi les personnes ayant eu recours à ces services, environ 42 % ont été admises à plus d’une reprise. Par ailleurs, pour les personnes qui jouaient en ligne, le taux d’admission était d’environ 15 % supérieur.

« Les jeux d’argent en ligne facilitent les comportements impulsifs, ce qui peut accroître le risque de rechute et de traitements répétés », dit Ovidiu Tatar, chercheur postdoctoral et coauteur de l’étude.

Un problème exacerbé par l’essor du jeu en ligne

Ces résultats sont publiés dans un contexte de forte croissance des paris en ligne. Grâce aux applications et aux sites Web, il est plus facile que jamais de miser sur des événements sportifs, particulièrement lors des grandes compétitions. En juillet, l’Alberta emboîtera le pas à l’Ontario et lancera un marché réglementé des jeux en ligne.

Selon un , près de trois Canadiens sur dix craignent qu’une personne de leur entourage soit dépendante aux paris sportifs, tandis que 69 % estiment que les problèmes liés au jeu augmenteront à mesure que les occasions de parier se multiplieront.

Les facteurs associés aux traitements répétés

Les personnes aux prises avec un problème de santé mentale étaient également plus susceptibles que les autres joueurs de retourner suivre un traitement à plusieurs reprises. Selon les chercheurs, il arrive que les problèmes de santé mentale soient traités en priorité, au détriment de la prise en charge d’une dépendance au jeu.

Les personnes qui avaient entrepris des démarches de leur propre initiative étaient également plus susceptibles de reprendre un traitement, ce qui laisse croire que la motivation personnelle est un facteur important à prendre en compte dans les stratégies de prévention.

« Il est important d’encourager les gens à reconnaître le problème et à demander de l’aide plus tôt, affirme Ovidiu Tatar. Beaucoup de gens ne parlent pas de leurs problèmes de jeu, et les médecins ne posent pas toujours la question. Comme ces problèmes sont moins visibles que les problèmes liés à la consommation de substances, ils peuvent passer inaperçus pendant des années. »

Les personnes aux prises avec des problèmes de jeu peuvent obtenir de l’aide en consultant ou en composant le 1 800 461-0140.

³¢â€™Ã©t³Ü»å±ð

L’article « », par Marie-Josée Fleury, Ovidiu Tatar et coll., a été publié dans le Journal of Gambling Studies. ³¢â€™Ã©t³Ü»å±ð a été financée par le Fonds de recherche du Québec – Société et culture.

Back to top