91ºÚÁÏÍø

Nouvelles

Un réseau de surveillance marine prometteur pour la protection de l’environnement et la réglementation du transport maritime dans le Bas-Saint-Laurent

Une étude interuniversitaire, dirigée par l’Université 91ºÚÁÏÍø, montre qu’un système unique peut détecter les séismes sous-marins, les chants des baleines, le bruit des navires et l’activité des marées
±Ê³Ü²ú±ô¾±Ã©: 9 July 2026

Un réseau de surveillance unique, mis au point par des scientifiques de l’Université 91ºÚÁÏÍø, de Ressources naturelles Canada, de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et de l’Université Dalhousie, permet de suivre simultanément les séismes, le comportement de l’eau, l’activité humaine et les baleines, et ainsi fournir une vue globale de ce qui se passe dans l’eau, sous l’eau et à de grandes distances de celle-ci.

Installé dans le Bas-Saint-Laurent, le réseau expérimental a détecté deux fois plus de séismes que le système national de surveillance sismique, en plus d’enregistrer les chants des baleines, le bruit des navires, l’activité des marées et les explosions minières.

À l’aide d’instruments appelés « sismomètres de fond de mer », fournis par le (Centre national d’étude sismologique), associés à des stations côtières et terrestres, le système permet de surveiller l’activité dans l’ensemble de l’estuaire. Selon l’équipe de recherche, les résultats obtenus montrent qu’un même réseau peut recueillir de nombreux types de données potentiellement utiles aux efforts de conservation et à l’élaboration de politiques maritimes.

« Le Bas-Saint-Laurent est l’une des zones sismiques les plus actives de l’Est du Canada », déclare , professeure au Département des sciences de la Terre et des planètes de l’Université 91ºÚÁÏÍø et autrice principale de l’étude. « C’est également un corridor maritime très fréquenté. Cette activité nuit aux habitats de baleines, car le bruit généré par le trafic maritime peut perturber les chants de ces animaux. »

Des sons séparés en fonction de leur fréquence

L’équipe a installé des sismomètres de fond de mer ainsi que des stations terrestres et côtières dans l’estuaire du fleuve, entre Rimouski et Sept-Îles. Le réseau a été en place de septembre à mai, entre 2023 et 2025. En évitant la saison de pêche estivale, on s’assurait de prévenir tout dommage causé aux instruments par le chalutage. Les capteurs ont enregistré, en continu, 250 points de données par seconde.

À l’aide d’une analyse spectrale, les scientifiques ont séparé les différents types de signaux en fonction de leur fréquence.

« Quand on examine les données d’une seule journée, on peut voir les chants des baleines et le trafic maritime au même moment et au même endroit, explique Yajing Liu. Le bruit des navires pourrait donc perturber la communication des baleines. »

Lorsque l’équipe a comparé son ensemble de données à celui du système national de surveillance, elle a constaté que son réseau avait détecté environ deux fois plus de séismes, ainsi que plusieurs explosions de faible profondeur.

De nouvelles données sur les marées

Yajing Liu ajoute que les instruments ont également capté des signaux clairs liés à l’activité des marées.

Ces informations pourraient servir à améliorer les modèles de circulation océanique, qui s’appuient généralement sur des mesures de surface. Elles pourraient également nous en apprendre davantage sur l’activité des baleines. Si les conditions au fond de la colonne d’eau sont moins bien connues, on sait du moins qu’elles sont étroitement liées au comportement des baleines : les courants riches en nutriments déterminent leurs habitudes alimentaires et migratoires.

Un système unique aux bienfaits multiples

Le projet de Yajing Liu s’appuie sur à l’aide de sismomètres terrestres, qui avaient révélé une augmentation du nombre de chants de baleines pendant les mois d’hiver. Cependant, en raison de la largeur de l’estuaire, qui peut atteindre 100 kilomètres par endroits, certains signaux étaient perdus.

« Les capteurs installés sur le lit du fleuve nous ont permis d’obtenir une bien meilleure couverture pour cartographier l’activité des baleines », indique la professeure.

Selon l’équipe, les données obtenues grâce à ce système pourraient orienter les efforts de protection de l’environnement et la réglementation du trafic maritime sur l’une des voies navigables les plus fréquentées du Canada.

« Un seul ensemble de données peut servir à plusieurs fins, ce qui présente un avantage, souligne Yajing Liu. Nous sommes en mesure d’observer simultanément les séismes, l’état des océans et la vie marine. »

³¢â€™Ã©t³Ü»å±ð

L’article « », par Yajing Liu (Université 91ºÚÁÏÍø), Alexandre Plourde (Ressources naturelles Canada), Graeme Cairns (Université Dalhousie), Fiona Darbyshire (UQAM) et coll., a été publié dans Seismica.

³¢â€™Ã©t³Ü»å±ð a été financée par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada et par la Fondation canadienne pour l’innovation

Back to top