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Une étude de l’Université 91ºÚÁÏÍø nuance les bienfaits climatiques des milieux humides restaurés

Une étude menée dans le Canada atlantique montre que certains milieux humides restaurés émettent du méthane et met en évidence les limites d’une approche universelle de la lutte contre les changements climatiques
±Ê³Ü²ú±ô¾±Ã©: 29 July 2026

La restauration des milieux humides est souvent présentée comme un moyen efficace d’assurer la survie des espèces sauvages, d’améliorer la qualité de l’eau et de favoriser le stockage du carbone. Toutefois, une nouvelle étude menée à l’Université 91ºÚÁÏÍø montre que la réalité est plus nuancée.

En étudiant des marais aménagés le long de la baie de Fundy, l’équipe de recherche a constaté que certains secteurs de ces milieux humides émettaient du méthane, un gaz à effet de serre dont le pouvoir de réchauffement est 27 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone. Ces résultats mettent en évidence l’importance de tenir compte des nuances et d’évaluer rigoureusement les solutions climatiques universelles.

Les chercheurs ont étudié des marais d’eau douce créés par la remise en eau d’anciennes terres agricoles établies par les premiers colons il y a plusieurs siècles. Autrefois des marais salés, ces zones ont été asséchées et cultivées, puis transformées en plans d’eau fermés servant d’habitat à la faune, en particulier aux oiseaux aquatiques.

Pour évaluer leurs répercussions sur le climat, les chercheuses et chercheurs se sont concentrés sur les étendues d’eau libre, qui ressemblent à de petits lacs. À l’aide de kayaks gonflables, ils ont prélevé des échantillons d’eau et de gaz et installé des « pièges à bulles » pour recueillir les gaz remontant des sédiments.

« Ces étendues d’eau émettaient du méthane dans l’atmosphère et contribuaient ainsi à l’effet de serre, explique Rachel Plant, autrice principale de l’étude, qui a réalisé ces travaux dans le cadre de sa maîtrise au Département de géographie. De façon générale, leurs émissions de gaz étaient plus élevées que celles des lacs et des étangs naturels auxquels nous les avons comparées. »

Selon l’équipe de recherche, ce phénomène pourrait être lié au fonctionnement de ces milieux humides. Contrairement aux systèmes naturels où l’eau circule, ces plans d’eau sont en grande partie fermés et alimentés principalement par les précipitations, ce qui peut limiter l’apport en oxygène et favoriser la production de méthane.

Une étude qui ne révèle qu’une partie du portrait

Les chercheuses et chercheurs soulignent que ces résultats ne signifient pas que les milieux humides restaurés ont des effets globalement néfastes sur le climat. Ils rappellent que cette étude n’a porté que sur une seule facette de l’écosystème. L’équipe n’a pas tenu compte du carbone stocké dans les végétaux et les sédiments, qui peut compenser les émissions.

« Il ne s’agit que d’une petite pièce du casse-tête, affirme Rachel Plant. Si l’on se limitait aux résultats de mon étude, on pourrait croire que ces milieux humides ne sont pas particulièrement utiles. Mais je pense qu’ils présentent de nombreux avantages, notamment parce qu’ils créent des habitats pour la faune et des espaces récréatifs pour le public. »

Selon l’équipe de recherche, il est important d’adopter une approche nuancée et équilibrée pour orienter les gouvernements et les organismes de conservation qui mettent en œuvre des solutions fondées sur la nature. Ainsi, en dépit des émissions de méthane qu’ils produisent, les milieux humides aménagés offrent un habitat aux oiseaux, améliorent la biodiversité et peuvent être bénéfiques pour les populations locales.

L’équipe du poursuit ses recherches sur le stockage du carbone dans les différentes parties de ces milieux humides. Elle tentera de déterminer si certains choix d’aménagement ou certaines pratiques de gestion de l’eau permettraient de réduire les émissions de méthane.

³¢â€™Ã©t³Ü»å±ð

L’article « », par Rachel Plant, Matthew Bogard, Wendy Ampuero-Reyes, Chun Ngai Chan et Gail Chmura, a été publié dans le Journal of Geophysical Research-Biogeosciences. ³¢â€™Ã©t³Ü»å±ð a été financée par Environnement et Changement climatique Canada dans le cadre du projet « Les zones humides comme solutions fondées sur la nature afin de lutter contre les changements climatiques : Quantifier le potentiel de captage du carbone tout en bâtissant une économie verte plus forte »

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