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Une équipe de recherche s’inquiète des risques posés par les « contaminants d’intérêt émergent » dans les cultures et les terres agricoles

Une étude met en évidence des lacunes importantes dans les connaissances et recommande le renforcement de la réglementation ainsi que la reformulation des produits chimiques afin de les rendre plus sûrs
±Ê³Ü²ú±ô¾±Ã©: 31 March 2026

Une nouvelle étude internationale lève le voile sur les risques pour la santé liés à l’absorption par les cultures de « contaminants d’intérêt émergent » (CIE) et souligne des lacunes dans les connaissances qui, selon l’équipe de recherche, doivent être comblées.

Les CIE comprennent les produits pharmaceutiques, les microplastiques, les nanomatériaux de synthèse et les substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées (SPFA), communément appelées « polluants éternels ». Selon les chercheurs et chercheuses, même à de très faibles concentrations, ces produits chimiques peuvent modifier subtilement la physiologie des plantes, perturber la santé des sols et présenter des risques pour l’environnement et la santé humaine.

« ³¢â€™Ã©t³Ü»å±ð donne une perspective holistique : nous rassemblons des données sur une variété de classes de produits chimiques, de voies de pénétration dans l’environnement, de mécanismes d’absorption par les plantes et de répercussions sociétales », explique Audrey Moores, coautrice de la méta-étude et professeure de chimie à l’Université 91ºÚÁÏÍø.

« Cette étude met en évidence d’importantes lacunes dans les connaissances, notamment en ce qui concerne les conséquences de la combinaison de produits chimiques, l’accumulation à long terme et les effets sublétaux qui ne sont pas pris en compte par les tests de toxicité standards, souligne-t-elle. Nous montrons qu’il est essentiel de réduire la contamination à la source, grâce à une conception chimique plus intelligente et à une production durable, et d’améliorer la réglementation et la surveillance. »

Problèmes négligés

La méta-étude a été dirigée par Laura J. Carter, de l’Université de Leeds, et menée par une équipe de recherche internationale composée de membres originaires du Royaume-Uni, d’Israël, de la Chine, des États-Unis et du Canada.

Les chercheuses et chercheurs ont compilé les résultats de centaines d’expériences menées en laboratoire, en serre et sur le terrain afin de comprendre les modes d’infiltration des différentes catégories de CIE dans les sols et les tissus végétaux, le rôle des conditions environnementales dans l’exposition aux contaminants et l’accumulation des contaminants dans les cultures comestibles à des niveaux réalistes sur le plan environnemental.

³¢â€™Ã©t³Ü»å±ð montre que les CIE pénètrent dans les sols et les cultures par de multiples voies, souvent insoupçonnées, notamment les technologies agricoles. Paradoxalement, beaucoup de ces méthodes, comme l’irrigation avec des eaux usées, les biosolides, le fumier et les agroplastiques, avaient été mises en place à l’origine pour rendre les pratiques agricoles plus durables.

Une fois absorbés, les CIE circulent dans le système vasculaire des plantes et atteignent les feuilles, les fruits et les racines.

Les scientifiques indiquent que de nombreux CIE restent biologiquement actifs même à des niveaux infimes et influent sur les voies hormonales des plantes, les communautés microbiennes et le cycle des nutriments.

L’équipe de recherche a également constaté que les CIE peuvent favoriser la résistance aux antimicrobiens, perturber les processus biochimiques des plantes et modifier la structure des sols, ce qui a des conséquences sur la productivité agricole et la qualité des aliments. Les contaminants persistants, comme les SPFA, sont particulièrement susceptibles de s’accumuler dans les tissus foliaires, précisent les chercheurs et chercheuses.

³¢â€™Ã©t³Ü»å±ð relève plusieurs questions sur lesquelles il faudrait se pencher, comme les interactions entre contaminants, qui peuvent augmenter ou réduire la toxicité; les voies d’exposition encore mal comprises, comme l’absorption par les feuilles des plantes (l’« exposition foliaire »); et la répartition inégale des données disponibles à l’échelle mondiale sur les risques liés aux différentes cultures.

Prochaines étapes

L’équipe de recherche préconise l’établissement de nouveaux cadres réglementaires qui tiennent compte des conséquences de la combinaison de produits chimiques, du rôle des CIE dans la résistance aux antimicrobiens et de scénarios d’exposition réalistes. Elle recommande une surveillance à long terme sur le terrain, une meilleure répartition géographique des études sur les cultures et la mise au point de produits de remplacement dégradables et non persistants pour l’agriculture et les secteurs industriels.

Audrey Moores indique que l’étude établit un lien explicite entre les constatations environnementales et les principes de la chimie verte, et elle souligne que la solution la plus sûre et la plus efficace à long terme serait de concevoir des produits chimiques et des matériaux qui se décomposent pour former des produits inoffensifs qui ne s’accumulent pas dans l’environnement.

« La seule façon de concevoir des produits chimiques plus sûrs est de tenir compte dès le départ de leur fin de vie. Il est bien plus efficace de prévenir la pollution que d’essayer de nettoyer la nature après coup. Grâce à des exemples concrets, cette étude fait ressortir la nécessité de concevoir des produits chimiques et des matériaux en prenant davantage en compte leurs applications et leur cycle de vie », conclut-elle.

³¢â€™Ã©t³Ü»å±ð

L’article « », par Laura J. Carter, Audrey Moores et coll., a été publié dans Thomas Review.

La recherche a été financée par une bourse à l’intention des leaders de demain de l’organisme United Kingdom Research and Innovation et par l’Initiative de collaboration internationale de l’Université de Nanjing.

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