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Une étude de l’Université 91 s’intéresse à la prévention des bousculades et des mouvements de panique lors d’événements d’envergure

Une meilleure compréhension des mécanismes à l’origine des situations dangereuses pourrait améliorer la planification des mesures de sécurité et prévenir les blessures
ʳܲé: 20 July 2026

Une équipe de recherche de l’Université 91 a constaté que les conditions dangereuses propices aux bousculades et aux mouvements de panique dans une foule ne surviendraient pas soudainement. Elles s’installeraient plutôt progressivement, à mesure que les poussées et les contacts physiques répétés se multiplient et se synchronisent.

En comprenant mieux comment ces conditions apparaissent, les organisateurs pourraient renforcer la sécurité, mieux gérer les sites et améliorer la planification des évacuations, ce qui réduirait le risque de blessures lors d’événements d’envergure.

« Lors de grands rassemblements, comme des concerts, des événements sportifs ou des festivals, des mouvements de panique et des bousculades peuvent survenir sans signes avant-coureurs évidents », explique Shanwei Liu, étudiant au doctorat invité au Département de génie civil et auteur principal de l’étude. « Cependant, ces incidents ne sont souvent “soudains” qu’en apparence : ils peuvent commencer par de légères bousculades entre individus et dégénérer progressivement avec l’intensification des interactions. »

Le risque à son apogée de part et d’autre des sorties

’étܻ a révélé que des contacts physiques continus alimentent l’« émotion » de la foule, incitant ainsi des individus à imiter les comportements des autres. Elle a aussi montré que le risque était plus grand de part et d’autre des sorties que directement devant celles-ci. Grâce à ces résultats, l’équipe a mis au point une formule empirique permettant de déterminer des stratégies d’évacuation plus sûres.

Selon les chercheurs, les organisateurs pourraient renforcer la sécurité en repérant les zones de risque cachées, en déployant le personnel à des emplacements stratégiques et en s’appuyant sur des modèles prédictifs pour gérer la pression et la capacité avant que des mouvements dangereux ne se forment.

L’équipe recommande également la limitation des contacts physiques prolongés grâce à la gestion de l’espacement, à l’installation de barrières physiques et à des stratégies d’entrée et de sortie échelonnées. Elle estime qu’il vaut mieux intervenir dès que la pression monte qu’attendre les premières chutes.

La propagation de l’instabilité

Comme l’explique Shanwei Liu, les études antérieures ont principalement porté sur la propagation des bousculades dans les foules ou les comportements de panique après un accident.

Pour mieux comprendre comment une situation à risque peut tourner au drame, l’équipe a conçu des simulations virtuelles de foules fondées sur des modèles mathématiques du comportement collectif. Ces modèles ont montré que les poussées exercées par un individu peuvent amener d’autres personnes à synchroniser inconsciemment leurs mouvements, créant ainsi des vagues coordonnées.

Contrairement aux modèles précédents, qui représentaient les personnes comme des silhouettes immobiles tombant comme des dominos, le modèle utilisé présente des corps instables cherchant à garder l’équilibre. L’équipe de recherche a ainsi pu constater que, dans une foule, l’instabilité se propageait non seulement par les chutes, mais aussi par les efforts déployés pour garder l’équilibre.

Testé dans des conditions réalistes de foule à forte densité, le modèle a permis à l’équipe de comprendre comment les contacts entre individus peuvent déclencher des mouvements de foule, de repérer les zones à risque et d’évaluer l’influence de l’aménagement des lieux et des effectifs sur la sécurité.

Des conclusions transposables

L’équipe de recherche compte maintenant étudier le comportement des personnes à proximité d’opérations de secours.

« Lors d’un incident réel, les secouristes doivent souvent atteindre les zones dangereuses en se frayant un passage parmi les personnes qui évacuent les lieux en sens inverse. Ces interactions peuvent générer de nouveaux risques ou modifier les mouvements de foule, indique Shanwei Liu. Nous voulons mieux comprendre comment les opérations de secours et l’évacuation s’influencent mutuellement afin d’élaborer des stratégies de gestion plus sûres. »

L’équipe souligne que les résultats de l’étude pourraient également éclairer les politiques publiques et les pratiques de gouvernance.

« Nous cherchons à déterminer si ce type de mécanismes d’évolution non linéaires obéit à des schémas communs dans différents systèmes – socioéconomiques, financiers ou politiques –, où des perturbations apparemment mineures peuvent se propager et déclencher des défaillances en cascade, voire systémiques », explique Jiangbo Yu, professeur adjoint au Département de génie civil et auteur-ressource de l’étude.

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L’article « », par Shanwei Liu, Yubo Jiao et Jiangbo Yu, a été publié dans Chaos, Solitons & Fractals.

Les travaux ont été financés par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada et par le Conseil chinois des bourses d’études.

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