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Les oubliés en contexte de maltraitance familiale

Une étude met en lumière les besoins souvent négligés des frères et sœurs des victimes de mauvais traitements sexuels
±ĘłÜ˛ú±ôľ±Ă©: 21 July 2026

Lorsqu’un enfant subit de la maltraitance sexuelle de la part d’un membre de sa famille, les mesures mises en place Ă  la suite de la rĂ©vĂ©lation des faits visent principalement la victime. Or, ses frères et sĹ“urs qui n’ont pas fait directement l’objet de maltraitance peuvent eux aussi ĂŞtre profondĂ©ment affectĂ©s. Selon une Ă©tude de l’UniversitĂ© 91şÚÁĎÍř, il est toutefois souvent difficile pour ces enfants d’accĂ©der Ă  des services de soutien.

L’équipe de recherche se penche sur l’expérience des frères et sœurs qui n’ont ni subi ni commis d’agressions au sein de familles touchées par la maltraitance sexuelle. Elle s’appuie sur des entretiens menés avec dix professionnelles et professionnels, notamment des travailleurs sociaux, des psychothérapeutes et des intervenants de partout au Québec, spécialisés dans la maltraitance sexuelle infantile.

Ses conclusions indiquent que les frères et sœurs d’enfants victimes de maltraitance souffrent souvent d’une grande détresse émotionnelle et psychologique et se heurtent à des obstacles pour accéder à de l’aide. Ils bénéficient parfois de services professionnels, mais sont rarement pris en compte dans les plans de traitement ou les interventions spécialisées.

Conséquences de la maltraitance sur les relations familiales

Les chercheuses ont constaté que ces enfants grandissaient souvent au sein de ce qu’elles qualifient de « système familial organisé autour du traumatisme », dans lequel la maltraitance a une incidence sur les relations familiales, les rôles et les interactions quotidiennes. Selon les professionnelles et professionnels interrogés, tous les enfants d’un même foyer peuvent être perturbés dans un milieu où règne le secret, la peur, l’incertitude, où les limites sont mal définies et où, parfois, la violence sévit sous plusieurs formes.

Même lorsqu’ils ne sont pas eux-mêmes victimes de mauvais traitements sexuels, les frères et sœurs peuvent vivre des expériences traumatisantes. Par exemple, ils peuvent être témoins de manipulation psychologique, habiter dans un milieu hypersexualisé, être soumis à une forte culture du secret ou voir leurs limites personnelles transgressées.

Accès limité aux ressources d’aide

Malgré tout, ce sont généralement la victime et les parents non fautifs qui ont accès à des ressources. De nombreux programmes ne sont tout simplement pas conçus pour les enfants de la famille n’ayant pas subi de maltraitance.

Selon les chercheuses, en négligeant les frères et sœurs, les fournisseurs de soins risquent de passer à côté d’occasions d’apaiser la détresse émotionnelle, d’améliorer la communication au sein de la famille et de favoriser le rétablissement à long terme.

Les avantages d’une approche thérapeutique globale

Les professionnelles et professionnels interrogés pensent que des approches plus inclusives et axées sur la famille pourraient être bénéfiques pour chacun des membres du foyer. En offrant aux frères et sœurs certains services ou en les faisant participer à certaines interventions thérapeutiques, on pourrait atténuer la peur et la confusion, et on donnerait la chance aux professionnels de parler des limites saines et de faire de la prévention.

Les chercheuses estiment que les frères et sœurs devraient recevoir des soins au même titre que la victime, et non être considérés comme des bénéficiaires de second ordre dans le processus de rétablissement. Elles croient que des recherches devraient être menées sur l’expérience des frères et sœurs pour différentes formes de maltraitance familiale et que, dans ces études, on devrait prendre en compte les témoignages et les points de vue des victimes dites « indirectes ».

Selon les chercheuses, cette approche pourrait être bénéfique pour l’avenir des enfants et des familles, favoriser une guérison plus globale et atténuer le risque de transmission des traumatismes aux générations suivantes.

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Cadieux Van Vliet, A. et Denov, M. (2026). Non-abused, non-abusing siblings: the forgotten children in intrafamilial child sexual abuse interventions. .

Financement
ł˘â€™Ă©tłÜ»ĺ±đ a Ă©tĂ© financĂ©e par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada.

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