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Rencontrez nos MPPs : Noémie Veilleux

Dans le cadre de son travail au sein d'organisations communautaires et de groupes de défense des droits, Noémie Veilleux ‘25, a souvent été confrontée à un défi persistant : trouver un équilibre entre répondre aux besoins immédiats des communautés, et adresser les causes structurelles profondes des préjudices. En tant que sexologue agréée, son travail dans le domaine de la prévention de la violence sexuelle repose sur la volonté de créer des environnements favorables qui jettent des ponts entre le leadership stratégique en matière de politiques et l'organisation communautaire.

Sa décision de poursuivre des études de maîtrise en politiques publiques (MPP) n'était pas tant motivée par le désir de s'éloigner de son travail communautaire que par celui de renforcer ses capacités à bien le faire. « Le MPP vous apporte la structure, la théorie et les compétences nécessaires pour mener vers des changements transformatifs en politiques publiques », explique-t-elle. Ce passage de la réaction à la conception intentionnelle a changé sa façon d'envisager son rôle dans le travail politique. Il lui a donné le langage, les cadres et les outils nécessaires pour réfléchir non seulement à la manière de réagir en cas de crise, mais aussi à la manière de changer les conditions qui rendent les crises si probables et si inégales.

Ayant travaillé dans des organisations à but non lucratif, des groupes de réflexion, dans le milieu de la recherche universitaire et au sein du gouvernement du Québec, Noémie a toujours cherché à approcher les problématiques et les recommandations découlant de ses projets avec empathie et humanité. Elle a saisi les outils à sa disposition pour poursuivre une vision axée sur l'équité et l'accès à un cadre de vie plus juste, plus inclusif et plus sûr pour toutes et tous. C'est également ce qu'elle visait lorsqu'elle a choisi de se spécialiser dans la violence sexuelle et genrée pendant ses études de premier cycle. Au cœur du travail de Noémie se trouve un engagement en faveur de la prévention comme outil de changement social, en particulier autour des stratégies de lutte contre la violence, qu'elle aborde sous l'angle de la santé publique et de la résilience communautaire. Elle s'intéresse profondément aux déterminants affectifs des choix collectifs – comment les émotions, les relations et les liens sociaux influencent les décisions politiques – et à la manière d'utiliser la recherche pour éclairer les politiques. Cette perspective inspire sa conviction qu'il est possible de construire des communautés plus fortes et plus inclusives grâce à l’inclusion de la diversité de visages qui la composent. « Le programme m'a aidée à réfléchir à ma contribution dans le paysage politique », confie-t-elle, « et à la manière dont je peux mieux exploiter mes connaissances et mes compétences pour vraiment faire la différence et servir les communautés comme elles le méritent. »

L'une des choses qui caractérisent Noémie est la façon dont elle parle de la communauté, non seulement comme un sujet politique, mais surtout comme quelque chose de vivant, dont elle fait partie intégrante. Elle parle souvent de renforcer les capacités communautaires « ici et ailleurs », en faisant preuve de respect et de curiosité sincère envers les connaissances locales et en partant du principe qu'il n'existe pas de solution unique. Cette sensibilité au contexte culturel et géographique transparaît dans son travail et lui confère une capacité rare à penser à l'échelle mondiale tout en restant ancrée dans la vie des gens.

Noémie encourage sincèrement celles et ceux qui envisagent de suivre le programme MPP à Max Bell. « Si vous essayez d'apporter des changements systémiques et que vous avez l'impression que vos outils ont des limites, cet endroit est fait pour vous », dit-elle. « Le programme offre une expérience pratique et des possibilités d'apprentissage qui renforcent vraiment la capacité à réfléchir et résoudre des problèmes complexes. »

Cet apprentissage au niveau des systèmes a largement dépassé le cadre de la salle de classe et se traduira par des changements politiques concrets. Après avoir examiné les liens entre la violence sexuelle, les traumatismes liés au service, la prévention du suicide et les problèmes de santé mentale chez les ancien-nes combattant-es dans le cadre de son projet de maîtrise, Noémie a été invitée à prendre la parole à la Chambre des communes. Elle y a souligné le besoin urgent de mettre en place des mesures de soutien en santé mentale plus solides et mieux coordonnées, et a présenté des recommandations pour une politique efficace en matière de santé mentale pour les vétéran-es canadien-nes. Cette visite a donné lieu à une nouvelle étude sur les services privés destinés aux ancien-nes combattant-es, dans le cadre de laquelle les enjeux et recommandations relevés par son projet de maîtrise seront examinés en profondeur, et où les différentes voix qui ont soutenu l'élaboration du rapport à travers le pays seront entendues.

Noémie affirme qu'une grande partie de son apprentissage à Max Bell s'est déroulée en dehors des salles de classe. « Le fait d'avoir eu accès à un excellent mentor, à des professeur-es engagé-es et à des conférencier-ères invité-es a vraiment fait la différence. Cela a créé des espaces pour des conversations difficiles mais nécessaires sur une variété de défis politiques fondamentaux. » Pour elle, la poursuite de cette maîtrise revêt également une signification plus profonde : trouver le courage d'imaginer quelque chose de mieux et la communauté qui permettra d’y parvenir.

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